S’il arrive (ce qui arrive), une pièce sonore de Dominique Balaÿ

Cher Robert Kramer, vous me demandez ma vision de l’avenir. Je vous réponds avec ces textes lus par une jeune femme russe,  vivant à Paris depuis quelques années  […]

S’il arrive (ce qui arrive)
une pièce sonore de Dominique Balaÿ réalisée par Daniel Martin Borret

#Lettre à Robert Kramer
#Intérim
#Dire jour
#Sans travail, à présent
#Le nom des amis
#S’il arrive (ce qui arrive)
#Voix de qui
#La vie courante

S’il arrive (ce qui arrive) se place sous l’égide du grand documentariste américain Robert Kramer, et un appel à contribution qu’il avait lancé pour la création d’une oeuvre radiophonique quelques années avant sa disparition : “Quelle est votre espérance aujourd’hui et votre vision de l’avenir ?”

C’est en construisant une réponse, au fil d’une brève correspondance qui s’est engagée entre Robert Kramer et Dominique Balaÿ, que S’il arrive (ce qui arrive) s’est peu à peu constitué, jusqu’à sa forme actuelle, réalisée par Daniel Martin-Borret. Ce dernier a su porter et traduire ce que les intentions de départ pouvaient exprimer d’un certain rapport au cinéma et au documentaire.

Mais S’il arrive (ce qui arrive) n’est pas à proprement parler un projet cinématographique. S’il y est est question du réel et d’une traversée de l’époque, qualifiée d“horrible”, la démarche procède par sauts successifs (8 au total) vers une forme de dénuement.

Dénuement des lieux eux mêmes, qui finissent par perdre leurs caractéristiques physiques, on passe d’un lieu de travail (la cour d’une entreprise de matériaux de la banlieue parisienne) à des lieux de grand désœuvrement (une terrasse de restaurant, une maison déserte) jusqu’à se fondre dans une errance, un “hors lieu” mais qui les contient tous par fragments, une fête, un voisinage, un écho lointain, un sol de cuisine.

Dénuement des corps eux même à travers un phénomène de concentration où le rapport au monde finit par se jouer autour de simples perceptions sonores : un corps qui se reconstitue par l’oreille, est ce possible ?

Du langage lui même, qui épuise les possibilités (politiques, lyriques), jusqu’à s’en remettre à la poussée d’une autre voix, venue de loin, indiscernable, multiple, et qui va tout emporter.

“ Je ne réapprendrai pas à parler, mes amis ”. Comme réponse à l’appel de Robert Kramer, l’espérance est toujours celle d’un lieu, d’une voix et d’un corps neufs.